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Un accident pas comme les autres

Publié par Mouahé Régis KONAN

Tous les accidents ne se ressemblent pas. Mais celui que nous avons fait ce 23 septembre 2017 a attiré mon attention sur un ensemble de choses. Asseyez-vous bien. La lecture de l’article sera passionnante.

Côté du car ayant percuté la voiture

En route pour San-Pédro, le car que j’ai emprunté a percuté un petit véhicule à la sortie de Divo. Pour que vous en tiriez les bonnes leçons, je me dois de vous raconter cette expérience dans les moindres détails. Mais avant, il est important de vous raconter deux expériences qui se sont déroulées en 2008 et en 2016. Elles vous aideront à comprendre exactement ce que nous avons vécu ce 23 septembre 2017.

 

Les dangereuses manœuvres du chauffeur du minicar en 2008

En route pour Adjamé à bord d’un minicar, nous avons tous remarqué que le chauffeur n’était pas très consciencieux. Il roulait à vive allure et exécutait des manœuvres dangereuses.

Plusieurs passagers se sont mis à l’insulter ou à imaginer le pire à travers leurs paroles. Je sais que dans ce cas d’espèce, il ne faut pas se mêler au troupeau. J’ai donc confié la situation à mon guide spirituel en lui demandant de nous aider à arriver sain et sauf à destination.

Le voyage a continué jusqu’à ce que le chauffeur exécute une autre manœuvre dangereuse. La route était en réfection et à plusieurs endroits on pouvait apercevoir des amas de pierres et de terre. Il est alors passé sur un talus ce qui a penché considérablement le véhicule. A vrai dire, nous avons tous eu très peur parce que le véhicule a failli se renverser. Et voici que les commentaires vont bon train : « Lui-là il va nous tuer », « On n’a pas dit ? Il va nous jeter dans le caniveau », etc.

Que se serait-il passé si tous les passagers avaient pensé au pire dès le départ ? A mon avis, le véhicule se serait renversé.

 

L’avertissement et la panne du car en 2016

En route pour Tabou dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire en passant par Divo, une jeune dame a demandé la permission au chauffeur de s’adresser à l’ensemble des passagers. Ce qu’il a accepté.

Elle nous a dit qu’elle ne savait pas ce qui pourrait se passer mais elle avait la forte impression que le voyage ne se déroulerait pas calmement. Elle a demandé à chacun de prier son Dieu pour lui confier la situation. Un homme averti en vaut deux ! Chacun des passagers a donc prié son Dieu. C’est l’un des voyages les plus calmes que j’ai connus. Tout le monde semblait être connecté à son Dieu. En tant que membre d’ECKANKAR, la voie de la liberté spirituelle, j’ai chanté HU, un nom sacré de Dieu tout au long du voyage.

J’ai donc mis en boucle le chant du HU qui se trouvait sur mon téléphone mobile. Un tel avertissement ne peut pas être pris à la légère surtout que nous savons que de multiples problèmes et incidents surviennent sur le tronçon Tiassalé – San-Pédro (sortie de route, collision, braquage, etc.). Les connexions permanentes à nos Dieux respectifs ont porté leurs fruits. Le voyage s’est bien déroulé jusqu’à San-Pédro. Nous y avons fait une escale avant de reprendre le chemin jusqu’à Tabou.

Au moment de reprendre la route, le chauffeur nous informe que le car est en panne. Impossible de continuer le chemin avec le car. C’est alors qu’un passant nous fait une remarque en voyant le car en panne : « Vous avez eu de la chance hein ! Ce n’est pas un car fiable. Il est tombé en panne avec nous la dernière fois vers Gagnoa. Nous avons passé la nuit dans sur la route dans l’obscurité. »

Je me suis posé la question de savoir ce qui aurait pu nous arriver si nous n’avions pas tous exécuté nos prières respectives. Le car serait-il tombé en panne en cours de voyage quelque part dans la brousse ? Aurions-nous subi un braquage ? Aurions-nous fait une sortie de route ? Aurions-nous eu une collision avec un autre véhicule ? etc.

Dans tous les cas, nos prières respectives nous ont permis d’avoir un voyage sans tumulte.

 

L’accident assez particulier en 2017

Après avoir lu les deux expériences précédentes, nous pouvons vous raconter la troisième, celle que nous avons vécue le samedi 23 septembre 2017. Tous les noms utilisés ici sont fictifs.

J’ai bénéficié d’une permission pour rendre visite à la famille à Abidjan. Je devais retourner à mon poste de travail à Néka. Vu l’état de la route et le détour à effectuer en passant par Gagnoa, je décide d’emprunter un car pour rallier San-Pédro. Je paye mon ticket. Je suis affecté au troisième départ de la journée pour la ville de San-Pédro. Je dois emprunter le car avec un collaborateur que je n’aperçois pas pour l’instant. J’aurai bien voulu être dans le deuxième départ pour pouvoir arriver plus tôt et me reposer. Pas bien grave.

L’embarquement du deuxième car a commencé. Soudain, une annonce est faite. Des passagers possédant le ticket du troisième départ et qui n’ont pas de bagage peuvent emprunter le deuxième car. Je me demande si je peux embarquer et je m’approche du car. Super ! Je fais partie des admis. Je suis dans le deuxième car comme voulu. Je vais pouvoir arriver plus tôt et me reposer. Il m’est indiqué mon siège à l’arrière du car. Pendant que le convoyeur procède à la vérification de mon ticket, j’entends des chamailles.

Oh oh ! Je vais m’asseoir à côté du tintamarre. J’ai pour habitude de confier mes voyages à Dieu. Et vu la situation conflictuelle environnante, je décide d’activer mon application HU pour confier la situation à Dieu (sans chercher à la changer) et de manière à pouvoir m’élever au dessus de ces pensées.

Je ne sais comment l’affaire a commencé mais les deux voisines (une dame âgée du nom de Maria et une jeune dame du nom de Aminata avec son petit garçon) avaient un problème à résoudre.

Les passagers autour se sont mis dans la danse. Ils étaient mieux informés que moi puisqu’ils étaient présents dans le car avant moi. Il y avait du bruit à tel point que le convoyeur a demandé à Maria de descendre du car. Les passagers ont réagi pour dire que c’est Aminata qui était en faute. Le convoyeur a ensuite voulu faire descendre les deux dames et demander la conduite à tenir au chef de gare. Plusieurs passagers y compris le convoyeur ont dit que ce n’est pas bon de faire des disputes lors d’un voyage.

Les choses se sont un peu calmées et nous avons démarré. Les discussions entre les deux dames ont continué et quelques minutes après le départ de la gare, on n’entendait plus rien.

3 heures plus tard, après avoir dépassé la ville de Divo, la dispute a repris. Maria s’est levée et a demandé à quitter son siège. Elle est allée s’asseoir dans l’allée. Nous cherchions à interpeller le convoyeur pour voir comment recaser Maria quand j’ai senti deux secousses ! Le car s’est arrêté quelques instants. Que se passe-t-il ?

Les autres passagers se sont levés et ont regardé à l’arrière du car. J’ai déposé mon livre et j’ai regardé pour voir ce qui se tramait.

J’ai vu un homme sortir de la brousse puis un autre. J’ai su qu’il y avait un problème. Une dame m’a dit que notre car a cogné une voiture. J’ai demandé à descendre pour porter secours au cas où il y avait des blessés.

Juste à la portière, il y a Franck, un Monsieur qui a dit qu’il allait casser la gueule à Aminata. Je lui ai demandé de se calmer. Il était très en colère. Je suis descendu au pas de course. J’ai vu une voiture en brousse. Le car l’a percutée et elle a effectué une sortie de route. Il n’y avait apparemment pas de blessé, pas de dommages corporels.

La colère de nombreux passagers envers Aminata a grandi. Le chauffeur du véhicule était lui aussi en colère.

Passagers du car à la rescousse des occupants du véhicule

Plus tard, j’ai vu Franck, le Monsieur près de la portière. Le polo qu’il portait était déchiré. Un passager m’a raconté ce qui s’était passé lorsque nous sommes allés porter secours aux passagers du véhicule. « Il y a eu palabre entre Franck et Aminata. Elle a déposé son enfant sur la route. Elle est partie chercher caillou pour le taper. Il a pu l’éviter. Elle est tombée et l’a mordu. Heureusement qu’on a enlevé son enfant sur la route. Peu de temps après, un véhicule est passé là où elle déposé son enfant. Ça c’est une vrai sorcière ! Elle a voulu sacrifier son enfant ! ».

J’ai appelé le collaborateur avec qui je devais prendre la route. Il m’a dit que j’ai eu de la chance d’avoir pu prendre le deuxième car. J’ai voulu lui dire que nous n’avons pas eu de chance comme il le croyait et en y réfléchissant, j’ai répondu par l’affirmative. Oui, nous avons eu la chance de ne pas nous retrouver dans le ravin. Le chauffeur avait le choix entre percuter le véhicule et l’éviter et nous déposer tous dans le ravin. Jurisprudence oblige (60 passagers contre 04), il a préféré percuter le véhicule.

Un passager a été averti la veille que son voyage du lendemain risquait d’être tumultueux. Il lui a été conseillé d’emporter de l’eau bénite et de prier sérieusement. Une autre a dit que dès le début de la dispute, elle est restée constamment en union avec Dieu. De mon côté, j’ai chanté continuellement le HU, ce nom sacré de Dieu. Sans compter tous les autres passagers qui avaient confié la situation à Dieu. Après le constat et les formalités administratives, nous avons repris la route, 3 heures plus tard. Un jeune homme a proposé à Maria d’échanger leur place.

 

Que retenir de tout cela ?

Pour avoir vécu la situation sans passion et en prenant en compte les deux premières expériences, que pouvons-nous retenir ?

- Nos attitudes nous permettront de demeurer sous la protection divine.

- La charge spirituelle positive d’un groupe peut aider à contrebalancer les énergies négatives.

- Dieu nous aide continuellement en nous protégeant et en nous avertissant. Rester connecté à Dieu est une attitude spirituelle qui aide et protège.

- Si vous devez voyager, évitez de faire des histoires. Et si vous vous retrouvez dans une situation dans laquelle les esprits s’échauffent, ne vous mêlez pas au troupeau. Chargez-vous positivement. Vos charges respectives positives seront vos meilleures protections contre les charges négatives de votre environnement.

- Peu importe votre religion, priez votre Dieu. L’union fait la force.

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