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L’art d’apprendre

Publié par Mouahé Régis KONAN

Réflexion sur le processus d’apprentissage et guide pratique, L’art d’apprendre, écrit par James Banner et Harold Cannon, vous permettra de profiter au mieux de vos périodes d’apprentissage.

L’art d’apprendre a été écrit à l’intention des élèves de tous âges et de tous niveaux quelle que soit la matière étudiée. Mais en le lisant, je peux dire que le livre s’adresse à tous parce que nous n’arrêterons jamais d’apprendre.

Si vous voulez que ce que vous apprenez reste fixé dans votre esprit et dans vos sens, il vous faut posséder les ingrédients nécessaires à l’acquisition du savoir – les qualités humaines qui vous permettront d’apprendre ce que vous devez (et voulez) savoir. Le livre comporte deux parties : les qualités nécessaires et le contexte.

« A chaque fois que l’apprentissage du savoir vous paraît trop pesant, songez à son alternative – l’ignorance ». Page 30

 

1- Les qualités nécessaires

Les auteurs ont identifié 11 qualités : l’assiduité, l’enthousiasme, le plaisir, la curiosité, l’aspiration, l’imagination, l’autodiscipline, la civilité, la coopération, l’honnêteté et l’initiative.

L’assiduité. Ecouter et observer – autrement dit, apprendre – est un travail actif, non passif. C’est aussi un travail exigeant. Pour apprendre, il vous faut concentrer votre attention. Il vous faut garder les oreilles et les yeux grands ouverts, fixer votre esprit sur ce qui est devant vous.

L’enthousiasme. Réfléchir au sujet que vous étudiez est un moyen sûr de vous l’approprier. Cela vous aide aussi à mémoriser ce que vous apprenez, parce que la réflexion permet d’intégrer vos connaissances nouvelles au savoir que vous avez déjà. Envisagez la réflexion comme une sorte de rêve conscient et discipliné.

« En dépit des difficultés qui lui sont propres, l’étude est semblable à l’amour. De même qu’il doit exister une certaine attirance magnétique, un certain mystère, entre vous et la personne aimée, de même devez-vous ressentir une réelle attirance pour un sujet, une matière ou un problème avant de pouvoir vous consacrer à son étude. » Page 15

Le plaisir. Ne jamais poser de questions est le chemin le plus sûr de l’ignorance et de l’erreur. Si vous avalez sans réagir tout ce qu’on vous dit, votre esprit s’endort dans la paresse et vous ne pouvez plus ni penser ni acquérir la moindre connaissance par vous-même : vous devenez totalement dépendant d’autrui. C’est une situation qu’il vous faut éviter à tout prix.

La curiosité. Comment savoir ce qui est susceptible de vous intéresser ou de devenir un passionnant bagage s’ajoutant à la somme de vos connaissances si vous n’essayez pas de vous renseigner sur des sujets dont vous ne savez rien ?

L’aspiration. Dans la mesure où l’on ne sait jamais ce que l’on va faire du savoir que l’on acquiert, l’étude comporte toujours quelque risque. A mesure que l’on étudie et que l’on emmagasine de nouvelles connaissances, on se trouve souvent conduit à changer sa manière de voir, à ajuster sa pensée, et à accepter l’idée de poser sur le monde un regard nouveau. Si vous cessez d’avoir l’audace d’apprendre, vous cessez de grandir.

L’imagination. Le fait de mettre en pratique vos connaissances les fixera durablement dans votre esprit. Cela est cependant plus facile à dire qu’à faire. Car, si certaines matières telles que les mathématiques, sont d’une application évidente, ce n’est pas le cas de certaines autres, telle la littérature. Leur mise en application doit donc être envisagée de diverses manières.

« L’imagination est comme une clé : elle déverrouille l’accès à la connaissance. » Page 57

L’autodiscipline. L’étude est une activité solitaire pour l’exercice de laquelle vous ne disposez pas d’autres moyens que les vôtres. C’est de vous qu’il dépend que l’étude fertilise votre esprit et l’enrichisse d’un savoir durable. Mais l’acquisition du savoir résulte aussi d’un échange entre vous et les autres : vos professeurs, les auteurs des livres que vous lisez, les créateurs des œuvres que vous étudiez, ou encore vos condisciples – bref, tous ceux qui contribuent à votre apprentissage du savoir.

La civilité. Peut-être comme beaucoup de gens, confondez-vous ignorance et stupidité. Or, ce sont deux choses bien différentes. L’ignorance est un manque de connaissance, non une faiblesse d’esprit ; même si vous ne pouvez pas vous en débarrasser complètement, vous pouvez l’atténuer grâce à l’étude. L’ignorance est sœur de la connaissance, car pour apprendre, il vous faut d’abord reconnaître vos lacunes.

« Les défauts des autres, on le sait, nous sautent aux yeux, tandis que les nôtres échappent généralement à notre attention. Mais si vous voulez réellement élargir vos connaissances, il vous faut fermer les yeux sur les imperfections des autres ou tout au moins les relativiser, dans un espoir de réciprocité. » Page 94

La coopération. La majorité des questions véritablement sérieuses sont complexes, tout comme les réponses qu’on essaie de leur apporter. Certaines restent sans réponse, tandis que d’autres en suscitent plusieurs, fort différentes mais toutes plausibles. C’est pourquoi vous devez apprendre à nourrir, sur une même question, plusieurs idées, et à proposer plusieurs réponses – fussent-elles inconciliables. Cette nécessaire ambiguïté intellectuelle est d’une importance cruciale dans l’apprentissage du savoir.

L’honnêteté. Il n’y a pas dans l’absolu, de période idéale pour étudier ; en revanche, il existe probablement pour vous un moment particulièrement favorable. Pour les uns, ce sera le milieu de la nuit, pour les autres, le matin juste après le petit déjeuner. L’usage veut que l’on travaille dans ces salles d’études ou après le dîner. Mais l’usage n’est peut-être pas ce qui vous convient le mieux. L’important n’est-il pas la solidité et l’étendue de vos connaissances, et non pas de savoir quand vous les avez acquises ?

L’initiative. Puisque apprendre, c’est partir à la découverte, choisir les sujets que vous voulez étudier, c’est choisir les directions dans lesquelles vous souhaitez vous engager.

 

2- Le contexte

Le contexte est tout aussi important que les qualités nécessaires à l’apprentissage.

Qui sont vos enseignants ? Il est des qualités que nous attendons à trouver chez nos enseignants. Ce sont le savoir, l’autorité, l’éthique, l’ordre, l’imagination, la compassion, la patience, la force de caractère et le plaisir. Ce que peuvent vous apporter vos professeurs dépend tout autant de la manière dont vous les considérez que de la manière dont ils vous enseignent. Les professeurs sont aussi des êtres humains. Ils ont leur force leur faiblesse. Il y a une différence entre vous et eux : ils en savent plus que vous dans les matières qu’ils professent et ils savent à la fois comment vous transmettre leurs connaissances et comment vous aider à les assimiler par vos propres moyens. Chacun a son style et sa personnalité. En adoptant les qualités citées plus haut, vous permettrez au courant de passer plus facilement entre vous et eux.

Ce que vous apprenez. Il y a une question bien naturelle que vous vous posez, comme d’ailleurs tous les étudiants : pourquoi suis-je obligé d’étudier ceci ou cela ? L’expérience de ceux qui vous ont précédé sur les bancs de l’école a largement démontré qu’un programme d’enseignement qui oblige l’élève à aborder des domaines extrêmement variés est plus qu’un autre capable d’assurer l’ouverture et l’agilité de son esprit.

De même qu’il n’est pas de règle spécifiant quand vous devez apprendre, il n’en est pas pour vous dire où vous devez apprendre. Ce qui importe, c’est ce que vous apprenez, non l’endroit où vous le faites. Vous devez apprendre partout où cela paraît vous convenir – à la plage, assis dans un coin d’un fast-food ou dans la salle d’attente du médecin. Vous découvrirez que vous pouvez apprendre dans les endroits les plus inattendus.

Comment vous apprenez. Les notes évaluent la qualité de votre travail, non votre personnalité ni votre intelligence. Chaque professeur ne note que les devoirs que vous lui remettez. Choisissez le lieu qui vous sied le plus : l’objectif étant l’acquisition d’un maximum de connaissances. Les conditions les plus favorables à l’étude ne sont pas uniquement liées à l’environnement immédiat. Entre également en jeu votre disposition d’esprit : il vous faut être prêt à vous plonger dans le travail qui vous attend.

Du lycée à l’université. C’est un beau chapitre sur la transition entre le lycée et l’université. La fin ultime du savoir n’est cependant pas la compréhension, mais une autre qualité : la pertinence du jugement – la faculté de juger des fins et des moyens, du bien et du mal, grâce à l’expérience et à la réflexion, mais aussi à l’intuition et à la conviction. L’objectif de l’enseignement, secondaire ou universitaire, n’est donc pas simplement de faire des têtes bien pleines. Il est de vous permettre de comprendre les choses et d’en juger grâce aux connaissances que vous acquérez par l’étude.

 

« Le socle du succès est une compréhension inébranlable. » Penser efficace en 5 étapes, Edward Burger et Michael Starbird, page 8

En conclusion, L’art d’apprendre est un livre qui mérite d’être lu par tous. Il sera très utile aux élèves, aux étudiants et aux parents d’élèves que vous êtes sans doute déjà. J’aurai bien voulu lire le livre beaucoup plus tôt, lorsque j’étais encore sur les bancs. Mais ce n’est pas bien grave. L’essentiel est que je l’ai lu et assimilé et cela m’aidera à corriger ma trajectoire. Courez à la librairie ou dans une bibliothèque vous procurer un exemplaire.

L’art d’apprendre, de James Banner et Harold Cannon, est un livre disponible dans la collection Nouveaux Horizons. Vous pouvez donc l’acheter à prix réduit dans les librairies partenaires si vous êtes à Haïti ou en Afrique francophone. Prix de mon exemplaire à Abidjan en Côte d’Ivoire : 3200 F CFA (4,88 €) - les prix peuvent varier d’une librairie à une autre.

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